C’est une longue histoire qui a débuté il y a plus de 10 ans. A l’automne elle sortit toute estourbie d un grand pot de terre rempli d’un mélange de terre de bruyère et de sable. J’observais la scène sans intervenir. Au printemps de l’année suivante une dizaine d’abeilles sortaient de la terre meuble des jardinières.
Pensant à une invasion insolite et potentiellement risquée, les pompiers appelés me débarrassaient de ces intruses et de toutes les fleurs avoisinantes….et ce pour quelques années, jusqu’à ce que…
L’an dernier, au printemps, elles étaient quelques unes. A l’ automne, la terre de la dernière jardinière jamais envahie jusqu’alors avait été entièrement retournée, devenue très meuble.
Fin mars de cette année, après un début tardif de la saison, voici que ces abeilles sont désormais encore plus nombreuses et ont colonisé les trois jardinières. Après une vaine tentative de limiter le nombre de ces abeilles en détruisant leur “terrier”, enfin…l’orifice d’entrée, me voilà plongée dans une profonde méditation sur le sens de mes actes!
Ces “bêtes” que je n’ ai pas identifiées encore comme étant des abeilles, ont-elles déjà tenté de piquer? NON
De plus, elles disparaissent totalement des jardinières assez rapidement pour ne “revenir” que l’année suivante. Elles sont donc pacifiques et discrètes.
Internet va répondre rapidement à ce questionnement :
Ce sont des abeilles dites “solitaires”. Celles-ci creusent leur “terrier” dans un sol meuble où elles fabriquent des galeries et des alvéoles rudimentaires assemblées en forme de pain, pour y déposer leurs larves nourries exclusivement du nectar des fleurs de saule. Ce sont des colletes cunicalarius.
Un bel exemple de la vie qui se reproduit à l’infini sans autre raison d’être que d’être pollinisatrice des fleurs de saule. En effet, les nids creusés, remplis de larves nourries épuisent l’abeille qui n y survit pas.
Au printemps prochain, combien seront-elles?
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En regardant bien, plusieurs fois peut-être, on peut voir l’une de ces abeilles qui pénètre dans son terrier pour en ressortir aussitôt. La scène a été observée plusieurs fois. Chaque fois que l’appareil photo a été déclenché pour une vidéo numérique , les abeilles “ont fait mine” de rentrer pour ressortir aussitôt. Il semblerait que la transmission d’informations numériques perturbe ces abeilles.
L’autre hypothèse serait liée au tintement du déclenchement de l’appareil. Pour en savoir plus sur les facultés auditives des abeilles :
La stridulation et l’audition chez les Insectes Orthoptères. Aperçu historique sur les idées et les découvertes jusqu’au début du XXe siècle - page 10
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Une très belle fiche est accessible http://www.inra.fr/opie-insectes/pdf/i137villemant.pdf